Il est connu qu’il faut du temps et de la régularité pour apprendre une langue, souvent de nombreuses années, avec un peu de travail tous les jours. C’est admis dans de nombreux domaines, dans de nombreux apprentissages. Mais en réalité, cette méthode est elle réellement efficace ? Ne mène t elle pas à un abandon la plupart du temps ? Surtout, répond elle bien à nos emplois du temps chargés, à nos envies qui changent. De plus en plus de personnes font le choix, qu’elles soient déjà polyglottes ou voulant juste apprendre un langage, d’apprendre une langue au dernier moment, avant le départ dans un pays, plus intensivement, avec de meilleurs progrès, plutôt que d’apprendre sur de longues périodes, avant et après un voyage, afin d’entretenir leur niveau. J’ai voulu faire un rapide résumé des avantages et inconvénients de chaque point de vue, et quelles sont les bonnes méthodes pour les deux.

L’endurance : un peu chaque jour pendant longtemps, au cas où
Traditionnelement, les méthodes d’apprentissage auto-didactes sont plus axées sur de petites leçons quotidiennes. Cela permet de mieux mémoriser les nouvelles informations, de mieux assimiler, de ne pas surcharger son emploi du temps par exemple. On est en fait toujours prêt, la mémoire est optimisée, on se fatigue moins et cela permet de mieux intégrer le russe à sa vie quotidienne. Cependant, la progression peut être lente malgré tout et entraîner une démotivation, sans date butoire on peut se perdre et avoir l’impression qu’on ne s’arrêtera jamais d’apprendre, sans jamais arriver à atteindre un niveau satisfaisant. Je vois beaucoup de monde qui abandonne une langue au bout de 2 mois, avec un niveau plutôt faible. Le vrai danger est de se dégouter de la langue et de se dire « j’ai déjà essayé ». De plus, la motivation peut varier. Elle est souvent très forte au début, et les méthodes ne permettent pas toujours d’aller aussi vite qu’on le voudrait, puis peu à peu la motivation descend et le travail régulier devient de plus en plus pénible, on se force on se motive, c’est bien mais c’est fatiguant. L’enthousiasme, comme toute émotion positive permet de mieux apprendre, de mieux mémoriser. Un autre problème se pose lorsqu’on entretient une langue « au cas où » Imaginez, je ne sais pas comment vous faites, mais que vous entreteniez votre niveau de russe activement après un voyage, disons une demi heure par jour. Votre voyage est passé, vous voulez y retourner mais maintenir son niveau au cas où peut vite devenir lassant, surtout que vous aimeriez peut être libérer du temps pour une nouvelle langue, par exemple.

 

Le sprint : apprendre beaucoup au dernier moment, ou simplement sur une courte période.

Au fur et à mesure, cette approche peu habituelle et peu appréciée par les adeptes de la régularité et des bonnes habitudes m’a séduit. Attention, il est important de ne pas oublier, d’entretenir son niveau de langue, mais cela peut se faire facilement, en écoutant des chansons ou en regardant des films en russe, ou, bien sûr au mieux, en parlant. Imaginez que vous partiez en russie dans un an, et que vous commenciez une méthode un peu mollement 12 mois avant le départ, pas de grands résultats, et vous n’avez pas le temps ni vraiment l’envie. Mais le dernier mois, alors que vous êtes vraiment motivés par un apprentissage rapide, vous décidez de vous lancer dans l’apprentissage intensif, vous apprenez rapidement, vous voyez beaucoup de matériel. Bien sûr votre niveau ne sera pas aussi élevé qu’après 12 mois de méthode, évidemment. Mais vous n’aurez pas perdu de temps et une fois en russie, tout sera frais. Le plus important dans cette approche est qu’elle oblige à hiérarchiser l’apprentissage. Vous n’avez que peu de temps alors vous allez droit au but : peu importe la grammaire, vous apprenez des phrases et du vocabulaire utile en premier. Je trouve que c’est une bonne approche sur ce point. De retour en France, vous pouvez continuer tranquillement à apprendre, ou simplement vous refaire une session intensive avant le prochain départ. Si vous êtes un polyglotte passionné et que vous parlez apprenez déjà d’autres langues en même temps, ce système peut vous éviter de vous sentir submergé par des révisions pénibles au quotidien. Je pense que cette méthode, même si elle est bien sûr moins efficace que de réviser régulièrement, ne serais-ce que du point de vue de la mémorisation, a l’avantage de prendre en compte le fait que la régularité est quelque chose de difficile, et de dédramatiser un apprentissage au dernier moment. Tout le monde fait toujours tout au dernier moment, par quel super pouvoir pourrions nous devenir de bons étudiants régulier sur le long terme pour une langue ? Je pense que l’optimal est de faire un mélange des deux, et surtout de ne jamais délaisser totalement une langue. Prendre du plaisir à apprendre, c’est vraiment ce qu’on doit chercher en premier, à vous de voir ce qui vous convient.

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